1er septembre 1914 : le général Joffre à Bar-sur-Aube

1 septembre 2014

Le Grand quartier général décide la constitution de la garnison mobile de Paris qui comprend la VIe armée consolidée du général Maunoury et la création d’un corps de cavalerie confié au général Conneau, positionné entre la Ve armée et le corps expéditionnaire britannique. Le gouvernement décide l’incorporation immédiate de la classe 14. Les éléments d’observation de la VIe armée confirment au général Joffre qu’il y a bien un glissement de la 1re armée allemande vers le sud-esr parisien.
A Maubeuge, le général Fournier essaie une sortie offensive de la ville mais il n’y parvient pas. Au nord de Verdun, la Ve armée allemande du Kronprinz impérial s’engage désormais entre la Meuse et l’Argonne. Elle a à sa gauche la 4e armée du duc de Wurtemberg qui relance son offensive en direction de Suippes dans la Marne.
Le Grand quartier général français quitte Vitry-le-François pour s’installer à Bar-sur-Aube. Dans son instruction n°4, le généralissime écrit : ” Le mouvement de repli peut conduire les armées à se retirer pendant un certain temps dans la direction générale nord-sud”. La directive aux généraux et commandants est claire : ” Vous n’hésiterez pas, le cas échéant à prendre les mesures les plus énergiques pour faire pourchasser les soldats qui se débandent et se livrent au pillage”.
Lord Kitchener intervient auprès de sir John French pour que la coopération tactique franco-britannique soit rétablie. Il insiste sur cette exigence pour une meilleur efficacité sur le terrain.

1er septembre 1944 : Saint-Quentin et Arras sont libres

1 septembre 2014

Après la traversée de la Seine, le 1er corps britannique se porte vers l’ouest avec comme objectif le grand port du Havre. Les Alliés savent que les installations ont été intensément bombardées et que les dégâts y sont considérables comme dans la ville. Des unités qui appartiennent au 2e corps canadien atteignent Dieppe alors que deux divisions du 30e corps de la IIe armée britannique, la 11e division et la division de la garde s’emparent de la ville d’Arras qui est déclarée libérée.
Dans le secteur dévolu aux 5e et 19e corps, les Américains marchent sur Saint-Quentin dans l’Aisne et en direction de Cambrai. A l’est du dispositif allié de libération le 20e corps US de la IIIe armée du général George Patton se porte depuis Verdun en direction de Metz.
Le général reçoit de bonnes nouvelles de son homologue du 6e corps débarqué en Provence et qui s’approche désormais de Lyon. Il parie sur le retrait rapide de l’ennemi de la capitale de la Résistance.

1er septembre 1944 : les FFI ne sont pas dissous

1 septembre 2014

Le général de Gaulle s’adresse le 1er septembre 1944 à Pierre Villon, membre du Comité d’action militaire, comité qui a été formé à l’initiative du parti communiste et qui assiste en matière de défense le Conseil national de la Résistance. ” J’ai l’honneur de vous accuser réception de votre lettre du 31 août. Vous voulez bien m’écrire que vous ne croyez pas aujourd’hui pouvoir répondre affirmativement à l’offre que je vous ai faite le 29 août de faire partie du gouvernement” ainsi débute le courrier.
Le Général reconnaît la liberté de chacun dans sa détermination : “Je n’ai pas à discuter les raisons que vous me donnez de votre refus et qui, était en partie d’ordre personnel, échappant à mon appréciation. Toutefois, je suis obligé de vous dire que le dernier motif que vous invoquez est contraire à la réalité des faits. Aucune décision de dissoudre et de désarmer les FFI n’a été prise par moi. La décision du gouvernement consiste tout au contraire, à intégrer dans l’ensemble des formations de campagne et des formations du territoire de l’armée française les éléments et unités vaillantes FFI afin de les utiliser de la meilleure manière possible dans les batailles qui nous restent à livrer à l’ennemi”. Et de conclure avec une belle politesse : ” Veuillez croire cher M. Villon à mes sentiments cordialement dévoués”.

1er septembre 1944 : la ligne Gothique attaquée

1 septembre 2014

Sur le front italien, les Alliés ne relâchent pas leur pression en ce 1er septembre 1944. Le 4e corps de la Ve armée américaine se lance à la poursuite des Allemands au-delà de l’Arno. Dans la zone orientale où se positionnent les soldats de la VIIIe armée britannique, les 1er er 5e corps anglais attaquent en force la ligne Gothique que les officiers du Reich ont reçu l’ordre de rendre infranchissable.
Ils atteignent Tomba di Pesaro. Les nouvelles sont plutôt encourageantes puisque de leur côté les hommes du corps polonais se montrent intraitables sur Pesaro et que des éléments des 1er et 5e corps canadiens réussissent à trouver en deux endroits cette ligne Gothique qui est la clé du dispositif allemand de résistance.

1er septembre 1944 : le retrait allemand des Balkans imminent

1 septembre 2014

Le 1er septembre 1944, des unités de l’Armée rouge atteignent la frontière bulgare à Giurgiu sur le Danube et il est patent que les ordres de franchissement sont imminents. Face à la menace soviétique et à l’importance des moyens opérationnels qui se déploient le long du fleuve, le Premier ministre bulgare Muraviev sollicite un appui anglo-américain. Ni Londres, ni Washington n’apportent de réponse. Dans le sud des Balkans, tous les agents alliés attestent que les préparatifs d’un retrait général ont été pris.
Cela concerne aussi bien les îles encore occupées de la mer Egée que les îles de la mer Ionienne et la Grèce métropolitaine. Cela décide l’aviation alliée à frapper la principale voie ferrée métropolitainre permettant le repli des forces par des convois ferroviaires. Le bombardement massif qui est opéré rend cette solution de repli impossible.

Un monument de la Grande Guerre vandalisé à Nice

31 août 2014

Après le vol de la sculpture en bronze aux morts du Chemin des Dames sur le plateau de Californie à Craonne (Aisne), le vol de plaques au monument des chars d’assaut de Berry-au-Bac (Aisne), au vol sur le site des tranchées de Massiges (Marne), un monument en hommage aux victimes de la Première Guerre mondiale a été vandalisé dans la nuit de samedi à dimanche à Nice. Trois plaques commémoratives, ainsi qu’une palme en bronze, ont été détruites sur cette stèle érigée dans le quartier de l’Ariane, alors qu’on célèbre le centenaire de la Grande Guerre. Aucune inscription ni aucun tag n’ont été relevés sur place.
Le député-maire UMP de Nice, Christian Estrosi, a condamné “cet acte inqualifiable qui touche et bouleverse toute une communauté” et a promis dès la fin des relevés et constatations par la police, de réparer le monument le plus rapidement possible”. La ville devrait porter plainte, a prévoit d’installer à proximité du monument aux poilus une caméra dite “intelligente”.

Grande Guerre : Troyes rend hommage au lieutenant-colonel Driant

31 août 2014

Le 6 septembre 1914, les armées françaises reprennent l’initiative face à l’ennemi allemand après deux semaines de combats meurtriers et de retraite pour remporter, six jours après, la victoire de la Marne. Un siècle s’est écoulé, et c’est ce sursaut et cette combattivité que le général d’armée Pierre de Villiers, chef d’état-major des armées souhaite célébrer, car ils témoignent de la communauté de valeurs entre le soldat d’aujourd’hui et le héros de 14-18.
C’est pourquoi le samedi 6 septembre 2014, 100 héros et unités de la Grande Guerre seront mis à l’honneur simultanément dans 100 villes de France. A Troyes, un hommage particulier sera rendu au lieutenant-colonel Emile Driant qui a commandé le 1er bataillon de chasseurs à pied de cette ville. Né le 11 septembre 1855 à Neufchâteil-sur-Aisne, il a fait ses études au lycée de Reims autrefois collège des Bons-Enfants. Élève brillant, il a obtenu le premier prix d’histoire au Concours général. Titulaire d’un double baccalauréat sciences et lettres et d’une double licence lettres et droit, il passer le concours d’entrée de l’École militaire de Saint-Cyr et y est reçu en 1875.
Il en sort quatrième deux ans plus tard et débute une brillante carrière d’officier au 54e régiment d’infanterie de Compiègne avant de rejoindre Saint-Mihiel. Sa carrière se poursuit entre la Tunisie et la métropole, l’instruction à Saint-Cyr. En juillet 1899, il reçoit le commandement du 1re bataillon de chasseurs à pied de Troyes. Il s’y fait remarquer puisqu’en janvier 1901, il pénètre dans le grenier d’un casseur de pierres qui s’est barricadé chez lui à Sainte-Savine avec un arsenal incroyable. L’homme tire sur ses assiégeants en tue un et en blesse deux autres. Driant ose entrer seul et retrouve le forcené pendu. Ce fait-divers fait alors grand bruit.
A sa retraite, il entre en politique et va devenir député de Nancy et ce catholique et républicain s’intéresse aux questions sociales et veut rapprocher l’église du monde ouvrier. Il s’inscrit dans la lignée d’Albert de Mun et de Marc Sangnier.
Il a 59 ans lorsque la guerre éclate mais il reprend du service et va se distinguer et tomber au feu lors de la bataille du bois des Caures au nord-est de Verdun. Il est tué à l’ennemi avec de nombreux chasseurs le 22 février 1916, deuxième jour de l’offensive allemande, mais son sacrifice ralentit l’ennemi et permet l’acheminement de renforts. Officier de la légion d’honneur, depuis la fin 1914, le lieutenant-colonel Emile Driant est décoré de la croix de guerre avec palme qu’il a contribué à créer.
A noter qu’une livre écrit par Gaston Jollivet en 1918 et intitulé “Le colonel Driant” vient d’être réédité dans la collection dirigée par M.-G. Micberth “Des faits et des hommes” chez Le livre d’histoire. 266 p., 38 euros.

31 août 1944 : Reims, ville libre se réorganise

31 août 2014

Au lendemain de la Libération de Reims, la vie s’organise. Le docteur Billard le nouveau maire réunit en ce 31 août 1944 tout le personnel de l’hôtel de ville pour une prise de contact. Quelques instants après, il se fait présenter dans son cabinet les chefs des services municipaux. Une cérémonie comparable se tient à l’hôtel de police en présence de M.Benoît, intendant régional de police. Plusieurs changements sont opérés dans les services de la rue Rockefeller. Raymond Derray est désigné commissaire central. Pierre Lundy est chef de la 12e brigade de police mobile et M. Bourlon, commissaire de police. D’autres fonctionnaires sont suspendus de leurs fonctions.
Dans l’après-midi, plusieurs groupements patriotiques renouent avec la tradition patriotique du souvenir et se rendent avec gravité au monument aux morts pour y déposer des gerbes de fleurs en présence de représentants du 106e régiment d’infanterie, du 8e régiment de zouaves, des 132e, 332e, 306e et 154e régiments d’infanterie, du 46e régiment territorial. Dans la soirée un grand cortège se constitue place Saint-Maurice puis défile en direction du centre-ville au son d’une musique diffusé par un haut-parleur placé sur une voiture. Une couronne de fleurs a alors lieu devant le monument aux morts.
De son côté le préfet du département Jules Heller reprend les propos du préfet régional de la veille : “Ne vous livrez pas à des représailles contre les collaborateurs et les profiteurs. Le gouvernement vous promet une justice rapide et sévère. Aidez la force publique à réprimer les actes de banditisme s’il s’en produit”. Et de préciser encore : “Bâtissons une France nouvelle qui ne veut pas plus ressembler à la IIIe République qu’à l’Etat sans nom du Maréchal! Travaillons d’un même coeur pour un avenir meilleur, fait de justice sociale, de concorde et de paix. Vive le général de Gaulle, Vive la République! Vive la France!”.

31 août 1944 : le général de Gaulle dit sa fierté de Philippe

31 août 2014

Le général de Gaulle écrit à son épouse le 31 août 1944 pour lui faire un point de la situation depuis son retour en métropole et son installation à Paris. ” Les choses continuent à s’arranger ici d’une manière satisfaisante. Naturellement, certains éléments ont essayé de tirer partie de la confusion inévitable du début, et au besoin de le créer, pour tirer à eux la converture. Mais cela ne peut et ne pouvait avoir grande portée, car l’esprit public est magnifique et tout à fait orienté comme il le faut”. Le président du gouvernement provisoire de la République française sait qu’il fédère derrière lui les forces de la Résistance et qu’il dispose d’un fort soutien dans l’opinion publique.
Cet échange personnel est aussi l’occasion pour le Général de donner des nouvelles de son fils : “Philippe est venu dîner avec moi hier soir, puis il a regagné son régiment qui est au Bourget après avoir contribué à le prendre. Ils sont maintenant au repos et l’ont bien mérité. Leurs combats à Alençon puis à Argentan, puis au sud de Paris à Antony et à la Porte d’Orléans pour entrer dans la ville, puis dans Paris de l’Ecole militaire au Palais Bourbon à la rue Royale au Luxembourg aux gares du nord et de l’est où l’ennemi était retranchés ont été durs”. C’est aussi une manière de montrer sa fierté envers un fils qui est un authentique combattant et qui se bat comme tous les autres avec la France au coeur.
“Après, ce n’était pas fini car il leur fallut reprendre Saint-Denis, Le Bourget, Stains. Philippe s’est parfaitement bien conduit. Nous pouvons en être fiers”. De Gaulle explique aussi que son emploi du temps ne lui permet pas de reprendre contact comme il le désire avec sa famille : “Je n’ai encore vu personne de la famille faute de temps. Dis à Madeleine que je viens d’avoir de bonnes nouvelles de Pierre ( dernier frère du Général, interné par les Allemands en Bohême), par voie spéciale. Il a excellent moral, les paquets lui sont arrivés. Il attend la fin avec confiance”.

31 août 1944 : l’Armée rouge est à Bucarest

31 août 2014

Le 2e Front d’Ukraine du général Malinovski entre à Bucarest. Une énorme frèche se trouve ouverte dans le front allemand qui s’étend depuis les Carpates jusqu’à l’embouchure du Danube. La Wehrmacht ne dispose plus des forces suffisantes pour la colmater alors que l’Armée rouge occupe sans difficulté la Valachie. Les troupes de Malinovski occupent également le centre pétrolier du pays de Ploesti qui a été bombardé par les Alliés mais possède encore des installations et des équipements de pompage de pétrole opérationnels. Le Reich ne peut plus compter sur la Roumanie dont la capitale est sous le contrôle des régiments soviétiques.