20 octobre 1944 : Churchill arrive au Caire

20 octobre 2014

Le 2à octobre 1944, le Premier ministre britannique Winston Churchill arrive au Caire en provenance de Moscou pour débattre avec l’amiral Mountbatten de la stratégie à suivre dans le Sud-Est asiatique. Le chef du gouvernement anglais est assez content des négociations qu’il a menées avec Staline sur les partages d’influences qui ne disent pas leur nom en Europe centrale et dans les Balkans. Le système de pourcentage qu’il a suggéré relève un rien d’une négociation sur le coin d’une table mais comme cela agrée le maître du Kremlin, c’est semble-t-il le plus important.
Churchill prend soin de préciser à ses collègues du gouvernement : ” Le système des pourcentages ne vise pas à fixer le nombre des membres siégeant dans les commissions pour les divers Etats balkaniques mais plutôt à exprimer l’intérêt et les sentiments avec lesquels les gouvernements britannique et soviétique abordent les problèmes de ces pays, afin qu’ils puissent se communiquer leurs points de vue d’une façon qui les rendent intelligibles. Il n’est pas censé être davantage qu’un guide et, naturellement, il n’engage en rien les Etats-Unis pas plus qu’il ne tente d’instaurer un système rigide de zone d’influence ( Churchill sait les préventions de Roosevelt à l’égard de tout ce qui pourrait ressembler à une sphère d’influence après la guerre, et il ne veut pas le chagriner). Il peut toutefois aider les Etats-Unis à comprendre les positions de leurs deux principaux alliés au sujet de ces régions, lorsque le tableau est présenté comme un atout”.

20 octobre 1944 : deux divisions US à Marseille

20 octobre 2014

Les Américains continuent de renforcer leurs moyens opérationnels en Europe occidentale. C’est la raison pour laquelle l’état-major général donne l’ordre d’ajouter deux nouvelles divisions au dispositif, les 100e et 103e. Elles sont débarquées à Marseille, la grande ville portuaire qui a été libéré de l’occupant après l’opération Dragoon, le débarquement allié sur les côtes de Provence les 15 et 16 août 1944. C’est la VIIe armée US qui est présente dans la région qui a en charge cette réception. Cela a aussi comme conséquence que la 3e division du 6e corps de la VIIe armée est confirmée dans sa mission de conquête et de dégagement de Saint-Dié dans les Vosges, au nord-est de Bruyères ou de terribles combats ont et lieu.

20 octobre 1944 : les satisfactions de Staline

20 octobre 2014

Que se passe-t-il en Europe de l’est le 20 octobre 1944? En Hongrie, le 2e Front d’Ukraine du général Malinovski épaulé par des unités roumaines et bulgares chasse les troupes allemandes qui résistaient encore à Debrecen. Le repli de l’ennemi est opéré dans de bonnes conditions qui lui évitent le pire mais l’Armée rouge et ses forces supplétives gagnent encore du terrain. Dans les Balkans, Belgrade est cette fois libérée par les XLVIe et LVIIe armées du 3e Front d’Ukraine du général Tolboukhine et les partisans de Josip Tito. Des derniers prennent possession de Dubrovnil (Raguse). Toutes ces nouvelles satisfont Staline qui considère qu’il est position de force face aux autres Alliés pour imposer à terme sa domination sur l’Europe centrale et sur les Balkans.

20 octobre 1944 : les blindés allemands en échec en Italie

20 octobre 2014

Sur le Front italien, la 6e division blindée sud-africaine de la Ve armée US repousse une violente contre-attaque de plusieurs colonnes du 14e corps blindé allemand sur les positions alliées du mont Salvaro. Elle en profite pour avancer à son tour jusqu’aux pentes du mont Alcino. Sur le flanc droit du 2e corps amércain, la 88e division poursuit son offensive et progresse jusqu’à Farneto. Les autres secteurs restent tenus mais le front n’y évolue pas.
Dans le secteur est de la formation alliée qui est confié à la VIIIe armée britannique, la 4e division atteint et franchit à gué le Cesano près du pont que les Allemands ont dynamité. Sur la côte adriatique, les Alliés occupent Cesenatico après la retraite des blindés du 76e corps allemand.

20 octobre 1944 : les Américains à l’assaut de Leyte

20 octobre 2014

Les Américains frappent aux Philippines en ce 20 octobre 1944 avec les premiers débarquements d’unités d’assaut sur la côte est de l’île de Leyte près de Tacloban. Les forces de la VIe armée du général Krueger composées de quatre divisions comprenant plus de 120 000 combattants et transportées par les 3e et 7e forces amphibies ayant mobililsé trois cent cinquante transports de troupes et de matériels sont à pied d’oeuvre. Tous ces navires sont escortés par les bâtiments de la 7e flotte qui sont placés sous le commandement du vice-amiral Kinkaid. Ce sont dix-huit porte-avions d’escorte, six cuirassés, des destroyers et des bâtiments auxiliaires qui croisent dans les alentours.
La coordination générale des opérations est placée directement sous l’autorité du général McArthur. L’opération est précédée par un bombardement naval meurtrier déclenché dès le lever du jour mais interrompu au bout de deux heures en raison de mauvaises conditions météorologiques. Laviation US prend alors le relais et déverse des dizaines de tonnes de bombes sur le secteur de Dulag.
Les opérations de débarquement sont opérées sur un front de vingt-neuf kilomètres, avec l’ambition de constituer deux têtes de pont solides. Quelques heures plus tard McArthur reprend pied aux Philippines assisté de son chef d’état-major Sutherland et du nouveau président philippin Sergio Osmena qui a succédé à Quezon. Il y a aussi de nombreux officiers supérieurs.
Immédiatement et profitant d’un poste émetteur, le général américain s’adresse au peuple philippin leur rappelant qu’il vient de tenir la promesse qu’il a fait deux ans auparavant. Il est de retour aussi invite-t-il tous les habitants à coopérer avec les libérateurs. La partie n’est pas encore gagnée puisque pour défendre les Philippines, les Japonais disposent d’un contingent de 260 000 hommes sous les ordres du maréchal Terauchi.
A Leyte, la défense de l’île est confiée aux 16e, 26e, 30e et 102e divisions de la XXXVe armée commandée par le général Tomoyoku Yamashita, celui qui avait conquis Singapour et la Malaisie. Très vite, les Américains prennent possession du terrain d’aviation de Tacloban et s’assurent le contrôle de l’accès septentrional de la vallée de Leyte. Les premières contre-attaques nippones ne vont être enregistrées qu’à la nuit tombée et elles sont d’une intensité variable. Les Américains sont alors empêchés de relier leurs deux têtes de pont profondes d’1,5 et 2,5 kilomètres et distantes de seize kilomètres.

20 octobre 1914 : les fusiliers-marins souffrent à Dixmude

20 octobre 2014

Alors que de très violents combats se déroulent le 20 octobre 1914 autour de Dixmude où les fusiliers-marins français et une brigade belge se trouvent dans une situation des plus complexes, ils bénéficient d’un soutien de l’artillerie anglaise contre l’aile droite des forces ennemies. Les Belges et les Britanniques reconnaissent une responsabilité de coordination au général Ferdinand Foch. Cette acceptation sur le terrain n’est pas reconnue au plan politique.
Le Grand quartier général de Joffre donne une directive destinée à répondre à la crise des effectifs et des moyens des armées en campagne. La perspective est de réduire au minimum la garnison permanente des forts d’autant que les fortifications ne donnent pas les résultats escomptés pour ralentir ou stopper les Allemands sur l’ensemble du front. La marine célèbre encore ce jour-là le lancement du cuirassé Normandie aux Chantiers navals de la Loire à Saint-Nazaire. On signale également l’expérimentation au bois d’Arcy d’une bombe dite “Claude” à l’oxygène liquide.

19 octobre 1944 : Churchill veut un accord dans les Balkans

19 octobre 2014

En Grande-Bretagne, le gouvernement est informé que Churchill confirme depuis Moscou qu’il est de la plus haute importance que la Grande-Bretagne et l’Union soviétique adoptent dans les Balkans une politique commune qui soit également acceptable pour les Etats-Unis. Le fait que la Grande-Bretagne et Moscou aient conclu une alliance de vingt ans rend particulièrement nécessaire une large unité de vues et une collaboration confiante, sans heurts.
“Je me rends bien compte que nous ne pouvons rien faire d’autre ici que de jeter des jalons pour préparer les décisions définitives que nous aurons à prendre lorsque nous serons réunis tous les trois autour de la table de la Victoire” mentionne le Premier ministre. Au passage, on observe que la France n’est pas citée comme susceptible de participer aux discussions des puissances victorieuses.
“J’espère néanmoins que nous pourrons parvenir à des ententes et dans certains cas à des accords, qui nous aideront à surmonter les difficultés immédiates, et constitueront une base solide pour une paix durable dans le monde” conclut-il.

19 octobre 1944 : Leclerc de retour à Paris

19 octobre 2014

Le général Leclerc ne veut pas entendre parler de l’intégration de sa division dans la 1re armée française. Cela fait déjà trois semaine que les unités sont stoppées et s’ennuient sur la Mortagne. Le général Leclerc est déçu et très interrogatif sur l’avenir. Il se rend à Paris le 19 octobre 1944 pour à la fois se rendre compte de la situation à Paris et essayer de comprendre si l’on veut encore de sa division dans les combats difficiles et complexes qu’il va falloir mener pour franchir le Rhin.
Il déjeune avec René Pleven désormais ministre des Colonies et il tient à confirmer au général de Gaulle que la division le soutient totalement : ” Quelles que soient les tâches auxquelles il pourrait juger bon de l’employer”. Le président du Gouvernement provisoire de la République française lui réitère sa confiance. A part son entretien avec de Gaulle, Leclerc est assez déçu de ses échanges avec les politiques. Il se demande si le patriotisme va continuer à féderer les énergies. Il craint que la société nouvelle que de Gaulle et d’autres comme lui ont appelé de leur voeu ne puisse peut-être pas naître. Il confie encore à Pleven : “Je crains que la noble idée de la Résistance soit abîmée”.
Le général Leclerc a peur que de Gaulle perde le contact avec la base. “Il y a deux mois quand je préparais un ordre d’attaque, j’avais vraiment l’impression de faire l’essentiel. Aujourd’hui quand j’en prépare un nouveau, j’ai l’impression de me livrer à un travail accessoire”. Leclerc est même prêt à aller au gouvernement s’il le faut pour éviter les dérives.
A de Gaulle il dit : ” Je suis prêt à vous aider comme vous me le direz malgré la gravité de quitter en pleine guerre une division unique dans l’armée française”.

19 octobre 1944 : de Gaulle analyse la situation au Levant

19 octobre 2014

Le général de Gaulle adresse au ministre des Affaire étrangères Georges Bidault une note le 19 octobre 1944 relative à la situation au Levant et éclairée par des lettres qui proviennent du président syrien Choukri-Kouatli et du roi d’Arabie Saoudite Ibn Séoud mettant en lumière la stratégie britannique de soutien aux Hachémites et au projet d’une “Grande Syrie”.
De Gaulle propose son analyse et estime que les Britanniques tout en disant qu’ils respectent les accords Lyttelton-de Gaulle et qu’ils recommandent aux Syriens et au Libanais de signer un traité avec la France, font proposer à Damas par leur ambassadeur à Bagdad, Cornwallis de signer un traité particulier avec Londres. Ce traité comporterait même une partie secrète.
De Gaulle écrit : ” Ceci illustre la réalité et la duplicité de la Politique du Royaume-Uni. Cette fois, il ne s’agit pas d’une initiative de Spears!”. Le président du Gouvernement provisoire de la République française estime encore que le président syrien ne veut de traité avec personne et qu’il a partie liée avec le roi d’Arabie contre les Hachémites. Il pense aussi que l’Union arabe continue d’être un thème de proclamation et un rêve oriental mais : ” que les rivalités de personnes, oùmieux de familles qui l’ont toujours empêchée ne s’apaisent d’aucune manière”.
Son analyse de la situation le conduit encore à affirmer que Riad Sohl qui a fait toute sa carrière sur l’idée de la Grande Syrie absorbant le Liban doit aujourd’hui défendre le Liban contre l’absorpton en tant que président du Conseil à Beyrouth. De Gaulle conclut : ” Nous sommes loin d’avoir perdu nos cartes dans le jeu syrien et même dans le jeu arabe-oriental, ce qui doit nous conduire à y avoir une politique active et à y placer des gens de valeur. Il est urgent, en particulier, de renforcer ce pauvre Beynet, par quelques fonctionnaires et militaires de réelle qualité”.

19 octobre 1944 : la 52e division monte en ligne à Anvers

19 octobre 2014

Pour suivre les ordres d’Eisenhower qui veut en terminer avec le problème d’Anvers, la 52e division entre en ligne dans le périmètre hypersensible où opèrent déjà les soldats du 2e corps de la 1re armée canadienne. Les hommes de cette nouvelle unité prennent place au-delà de la tête de pont jetée par la 3e division canadienne au nord du canal Léopold. A Aix-la-Chapelle, la résistance de la garnison allemande est moins vigoureuse que les jours précédents. Les Allemands manquent de munitions et économisent celles qui sont encore sous leur contrôle.
Des unités de la 1re division du 2e corps de la 1re armée américaine et de la 3e division blindée, essaient de s’emparer de la cité en occupant le col de Salvatorberg et les hauteurs de Lousberg. Des patrouilles de la division blindée coupe la route qui conduit d’Aix-la-Chapelle à Laurensberg. A droite du dispositif allié, toujours dans la zone placée sous l’autorité de la VIIe armée US, la 36e division du 6e corps terminent la libération de Bruyères dans la Vosges. La 3e division regroupe ses forces derrière la 45e division en attendant de se porter sur Saint-Dié, sous-préfecture du département des Vosges.