Theresienstadt: le documentaire de Lanzmann

20 mai 2013

Que penser du documentaire de Claude Lanzmann, “Le dernier des injustes” de Claude Lanzmann qui revient sur l’histoire particulière du ghetto juif de Theresienstadt? Signé par l’auteur de “Shoah” de film est un événement mais s’il a été présenté au festival de Cannes 2013, il est inscrit parmi les oeuvres hors compétition. D’une durée de 3 heures 40 il contient un témoignage inédit qui illustre la condition faite aux Juifs d’Europe centrale pendant la Seconde Guerre mondiale. C’est avant tout un entretien bien mené avec un personnage controversé mais dont le discours est une matière intéressante pour l’historien.
Il s’agit d’un monument mémoriel visuel , dans lequel le réalisateur de “Shoah” arpente la forteresse de Theresienstadt, située à 80 kilomètres de Prague et qualifiée par la propagande nazie de “Ghetto modèle”.
Cet espace a été “l’un des sommets de la perversité nazie”. Il a été mis en place pour donner du crédit à une mystification scandaleuse où les agents de la propagande de Goebbels ont excellé et affirmé conjointement que Theresienstadt était: “Une colonie juive idyllique avec ses terrains de football, sa salle de concert et ses jardins”.
Mais dans “Le dernier des injustes” Claude Lanzmann réhabilite l’universitaire et rabbin Benjamin Murmelstein, ultime doyen du conseil juif de Theresienstadt et seul chef d’un Judenrat à avoir survécu. A la fin de la Seconde Guerre mondiale l’homme a été controversé et désigné comme un traître à son peuple. Claude Lanzmann l’a rencontré longuement à Rome en 1975 et il a filmé et enregistré leurs entretiens qu’il a soigneusement conservés. En 2013, cela donne un document soigneux qui présente ce rabbin constesté comme un conteur lucide et fascinant. Il y explique pourquoi en pragmatique, il a joué le jeu des nazis.
Le film est assez sévère avec Hannah Arendt, qui a présenté Adolf Eichmann fonctionnaire de l’application zélée de la Solution finale comme un banal bureaucrate besogneux. Murmelstein, interlocuteur de ce nazi aussi modèle qu’effrayant pendant près d’une dizaine d’années le qualifie de: “démon méthodique et glacial”. Claude Lanzmann a déclaré, avant la projection, qu’il avait souhaité que “Le dernier des injustes” ne soit pas en compétition sur la Croisette.
Plusieurs critiques et même des historiens le regrettent. Ils estiment qu’il aurait été intéressant de voir le président du jury Steven Spielberg juger un grand cinéaste français qui l’avait taclé au moment de la sortie de “La liste de Schindler” film loin de laisser indifférent et mettant en avant une attitude courageuse même si elle a été marginale pendant la Deuxième Guerre mondiale.

20 mai 1943 : le défilé de la victoire à Tunis

20 mai 2013

Après la capitulation germano-italienne de Tunisie qui met un terme à la guerre terrestre en Afrique du Nord, un défilé de la victoire est organisé à Tunis le 20 mai 1943. Britanniques, Américains et Français sont invités à y participer alors que la foule très dense applaudit les troupes libératrices. Mais cette parade est aussi l’occasion de mesurer les différends persistants entre Français.
Entre les unités de la France combattante et celles de l’Afrique du Nord française, il n’y a pas fusion mais plutôt une grande méfiance que le général de Larminat entretient. Il refuse d’ailleurs que les Forces françaises libres se joignent aux unités du général Koeltz comme le lui a demandé le général Giraud et comme l’espère le commandement allié. La raison en est simple. Il s’interdit de manifester dans cette circonstance une union artificielle alors que le général de Gaulle ne peut toujours pas venir officiellement en Afrique du Nord même si les discussions se poursuivent pour rendre le voyage possible.
La délégation des Forces françaises libres défile donc dans sa place normale fixée par l’ordre de bataille, c’est-à-dire avec les troupes de la VIIIe armée britannique du général Bernard Law Montgomery. Bien détachés, les soldats gaullistes sont reconnaissables à leurs calots et à leurs drapeaux à croix de Lorraine. Ils sont acclamés sur leur passage et le général Lelong cité par l’historien Yves Gras affirme que les gens crient sur leur passage: “Vive de Gaulle”. La même chose se produit lorsque les soldats giraudistes défilent avec les Américains. C’est encore de Gaulle qui est plébiscité!
Cette situation n’échappe pas à la presse et le journaliste US Kenneth Pendar ne se prive pas d’écrire qu’il y discerne un symbole tragique: “Voir le groupe imposant des régiments nord-africains et la petite troupe gaulliste défiler loin l’un de l’autre, tous braves mais divisés sans espoir avait quelque chose de désespérant”. Il n’empêche que l’envie en particulier de rallier la 1re division française libre est patente et que des soldats se renseignent pour se battre demain sous les drapeaux à croix de Lorraine. Ce qui n’est pas fait pour apaiser la situation.
La 1re DFL se prépare à ouvrir à Kairouan un centre d’accueil pour les recevoir tandis qu’on s’intéresse beaucoup aux permissionnaires dont certains poussent l’audace à se rallier avec véhicules et matériels! On s’attend alors les jours suivants à des échanges vigoureux au plus haut niveau et de vigoureux échanges Larminat-Juin, de Gaulle-Giraud semblent inévitables.
La 1re DFL peut se trouver marginalisée et ne pas participer aux prochaines offensives.

20 mai 1943 : toujours des susceptibilités

20 mai 2013

La situation en Afrique du Nord est toujours aussi sensible et ce n’est pas le télégramme qu’adresse le général de Gaulle au général Catroux le 20 mai 1943 qui dissipe ce sentiment de malaise entretenu avec un certain zèle par les giraudistes à Alger.
La veille, le chef de la France combattante a été averti par son ami que des éléments de troupes sous l’autorité du général de Larminat s’étaient présentés à Alger avec l’envie de faire voir la croix de Lorraine et d’enrôler si possible chez les gaullistes de nouveaux volontaires même si certains appartenaient a priori aux forces du général Juin. Il y a sans doute un rien de provocation et la volonté d’affirmer la fierté de leur existence.
De Gaulle ne comprend pas bien pourquoi cela provoque un tel émoi en ville: “J’ignore tout des tenants et aboutissants du passage à Alger d’une section des troupes de Larminat et je lui télégraphie pour lui demander de quoi il retourne. Je suppose qu’il s’agit d’un détachement destiné à prendre le contact d’Alger et à y montrer la croix de Lorraine”.
Avant de conclure: “Je vous avoue que je ne vois pas qu’il y ait là de quoi fouetter un chat. Nos troupes se feront difficilement à un traitement de pestiférés en plein territoire français”. Comme quoi de Gaulle n’est pas dupe.

19 mai 1943 : la base sous-marine de Kiel encore visée

19 mai 2013

Entre 13 h 29 et 13 h 33, le 19 mai 1943, ce sont 123 bombardiers américains B 17 qui interviennent dans le ciel du port de Kiel pour frapper pour la deuxième fois en cinq jours la base sous-marine où les subsmersibles de la Kriegsmarine stationnent. Les résultats de ce raid sont incertains mais l’épaisseur de béton et la solidité des armatures de protection résistent bien aux bombes.
Au cours de l’opération, les Américains perdent six appareils, dénombrent un mort, sept blessés mais surtout soixante aviateurs manquants. De son côté le Seekriegsleitung estime à 141 000 l’augmentation du personnel ouvrier et technicien pour assurer la faisablité des programmes de construction de sous-marins ainsi que des armements et munitions afférents. Il affirme qu’il faut former 335 000 marins supplémentaires pour mettre en oeuvre les nouveaux moyens décidés par le Führer et dont l’amiral Karl Dönitz a besoin.
Il est évident que ces statistiques alors que les pertes en mer augmentent sont impossibles à obtenir d’autant que l’intensité des bombardements oblige à équiper en priorité les batteries de la défense anti-aérienne et donc à fabriquer de nouveaux tubes et des munitions pour les alimenter. Les murs de feu contre les raids diurnes et nocturnes sont jugés notoirement insuffisants et les dégâts occasionnés aux escadrilles alliées en dessous de ce qui est nécessaire.

19 mai 1943 : Robert durcit la répression aux Antilles

19 mai 2013

Alors que l’amiral Georges Robert, haut-commissaire aux Antilles reçoit le 19 mai 1943 un courrier conjoint des généraux de Gaulle et Giraud lui enjoignant de faire entrer l’archipel dans la guerre, il décide en réponse de durcir la répression contre la Résistance qui se développe en Martinique et en Guadeloupe. La police ne doit accepter aucune manifestation d’hostilité, aucun discours critique et arrêter tous ceux qui s’affranchissent des ordres du gouvernement de Vichy.
Robert qui a été rappelé en service actif à la déclaration de la Seconde Guerre mondiale a alors été désigné comme commandant du théâtre d’opérations Atlantique Ouest et Antilles. Il parvient en Martinique le 19 septembre 1939 et est nommé haut-commissaire de la République aux Antilles le 2 octobre. Robert est maintenu dans ses fonctions et dans toutes ses attributions par le gouvernement de Vichy.
C’est lui qui signe avec les Etats-Unis le 4 août 1940, l’accord de Fort-de-France. Les Américains entretiennent dès lors dans les Antilles françaises une mission navale et assurent le ravitaillement à condition que la neutralité française soit strictement respectée.
L’amiral conduit une politique très favorable au maréchal Pétain et à son gouvernement. Il combat ouvertement tous ceux qui sont pour une raison ou une autre défavorables à Vichy. Il tente d’interdire les ralliements à la France libre alors que des jeunes Guadeloupéens rejoignent la Dominique britannique pour se battre pour la France et que d’autres jeunes Martiniquais gagnent Sainte-Lucie avec le même objectif. L’amiral Robert refuse le 5 février 1943 le débarquement de l’amiral Battet chargé par Giraud de rallier les Antilles à la bonne cause.
En avril, les Etats-Unis suspendent le ravitaillement des îles françaises. L’amiral persiste dans une position d’hostilité radicale envers la France combattante alors que la grogne de la population s’intensifie et que ses choix sont vivement contestés. Il est en sursis mais il est clair aussi bien pour de Gaulle que Giraud que les semaines à venir vont être très tendues aux Antilles.

19 mai 1943 : secret le plus absolu

19 mai 2013

Dans un télégramme daté du 19 mai 1943 et adressé au général Georges Catroux qui se trouve à Alger, le général Charles de Gaulle, apporte son commentaire sur la lettre que lui a adressée le général Giraud par son intermédiaire.
Il y relève à la fois des insuffisances et des formules qui exigent d’être précisées mais il se veut assez optimiste sur l’issue d’une rencontre bilatérale. En effet, le 17, Giraud a répondu à une lettre datée du 6 du chef de la France combattante et a accepté de former immédiatement un Comité exécutif central de durée limitée dont la responsabilité serait assurée collectivement, demandant que, dès la Libération, un gouvernement provisoire soit constitué.
De Gaulle mentionne à Catroux dans ce document frappé du sceau “secret le plus absolu”: “Il y a des points discutables, mais je ne crois pas à première vue que nous soyons désormais séparés par rien d’essentiel. Je vous prie de le dire de ma part au général Giraud en ajoutant que je compte aborder notre collaboration directe pour le service de la France dans un sentiment très sincère de haute estime pour sa personne”.

18 mai 1943 : le rendez-vous de Hot Springs

18 mai 2013

C’est une conférence destinée à tester la pertinence d’une organisation internationale à même de réfléchir et de répondre aux grands défis contemporains qui s’ouvre le 18 mai 1943 à Hot Springs en Virginie. Le thème du débat inscrit à l’ordre du jour porte sur l’alimentation et l’agriculture dans le monde et la gestion des terres et de la production pour espérer la sécurité alimentaire des populations. Cette démarche en pleine Seconde Guerre mondiale est intéressante parce qu’il s’agit de travailler sur un thème humanitaire et destiné à prévenir d’autres conflits.
Le président américain Franklin D. Roosevelt adresse un message aux délégués de la conférence et qui est lu avant le commencement des travaux : “Ceci est la première conférence des Nations unies…. Les problèmes qui seront abordés au cours des discussions par cette conférence d’experts sont les plus fondamentaux de tous les problèmes humains, car sans nourriture et vêtement, la vie elle même n’est pas possible. Dans cette conférence et dans d’autres à venir, nous augmenterons notre concours, des problèmes pour que d’autres problématiques qui comptent pour maintenir les grands équilibres internationaux ne soient pas négligées. C’est seulement en travaillant ensemble que nous sommes capables d’apprendre à travailler ensemble pour le bien de tous et nous le ferons”.
La conférence doit durer jusqu’au 3 juin

17 mai 1943 : la base sous-marine de Bordeaux visée

17 mai 2013

Le 17 mai 1943, ce sont trente-quatre Liberator du VIIIe Bomber Command qui accomplissent un raid aérien de six minutes sur la base sous-marine de Bordeaux. La base de Bacalan est située au nord de la métropole, à l’angle nord-est du Bassin 2 qui n’est pas soumis à la marée. Il est néanmoins relié à la Garonne par un système de deux écluses et occupe une surface de 43 000 m2. Le dispostif est protégé par une dalle d’une épaisseur de 5 m 60 et comprend onze alvéoles dont trois en cale sèche dont les entrées sont fermées d’impressionnantes portes blindées. L’ensemble de la zone portuaire est dotée de petits bunkers qui accueillent des canons de la défense contre avions.
Pour ménager l’effet de surprise, les bombardiers alliés qui appartiennent aux 44e et 93e groupes volent à basse altitude au-dessus de l’Atlantique avant de reprendre de l’altitude et de grimper à 22 000 pieds pour larguer leurs projectiles qui se composent de 342 bombes de 500 livres. L’alerte est donnée et la population se rend aux abris.
La frappe est intense et précise. Les dommages portées aux écluses et aux installations périphériques sont patents. Malheureusement toutes les bombes ne touchent pas la cible. Les quartiers au nord et au nord-est de la ville reçoivent plusieurs bombes. Dans les rues Arago, Blanqui, sur le quai Bacalan, à la cité Portmann, rue Poyenne, cours Journu-Aubert et Edouard Vaillant, boulevard Godart, les immeubles et les maisons ont beaucoup souffert. Plusieurs incendies sont signalés et bientôt les sauveteurs sont sur place. Ils vont dégager des décombres 175 morts, porter assistance à 222 blessés.
Les services municipaux recensent pour leur part deux cents immeubles détruits et estiment que deux mille Bordelais sont sinistrés. On ne communique pas de chiffres mais il se dit alors que le nombre de victimes parmi les marins allemands et italiens est élevé. L’une des conséquences de cette frappe est la rupture des écluses du grand bassin. Désormais, l’eau s’en vide à chaque étiage de la Garonne. La première conséquence est la prise au piège de cinq sous-marins italiens dont les dommages subis sont très importants.
Il faudra à l’ennemi plusieurs semaines pour rétablir la circulations maritime et effectuer les travaux de réparation sur les bâtiments qui lui sont indispensables. La maintenance des sous-marins de l’Axe qui est prévue est différée ce qui expose le matériel et retarde le réarmement de ces bâtiments affectés à la traque des convois alliés dans l’Atlantique.
La ville décide d’évacuer les quartiers les plus proches des zones militaires et de la gare et met en place un accueil des enfants dans le Lot-et-Garonne et le Tarn-et-Garonne.

17 mai 1943 : déclenchement de l’opération Schwarz

17 mai 2013

Le 17 mai 1943 ce sont 120 000 soldats des forces de l’Axe qui sont mobilisés pour entreprendre l’opération Schwarz dont le commandement est confié au général Luters. Elle est destinée à neutraliser les partisans communistes de Tito qui parasitent la Yougoslavie selon Berlin. Ils sont estimés à environ vingt mille hommes et femmes. L’objectif est de les encercler et de causer de lourdes pertes au sein de leurs unités si elles refusent de se rendre.
Pour obtenir les meilleurs résultats possibles et surtout être sûr qu’aucun gant ne sera pris envers les populations locales, la division SS prinz Eugen est engagée dans l’opération qui associe aussi la 1re division de montagne et le 4e régiment de Brandebourg inscrit par les régiments d’élite. Les Allemands pensent pacifier la totalité de la Yougoslavie.
Ils savent pourtant que la géographie du pays favorise le contrôle des zones côtières où la circulation est assez facile. En revanche le coeur du pays est montagneux et le terrain y est piégeux et parfois très accidenté. Il permet de se dissimuler, de tendre des embuscades, de gêner le franchissement des cols, de cacher du matériel parachuté et d’entraîner les troupes des résistants.
Même si les Allemands sont soutenus par des unités locales qui leur sont favorables, Tito et les siens tiennent leurs positions. La réussite de l’opération Schwarz est aléatoire dès le premier jour. Beaucoup d’officiers des troupes de montagne du Reich sont dubitatifs sur les chances de succès.
Ils sont certains que cette prise de contrôle si elle réussit coûtera très cher en vies humaines et en matériels.

17 mai 1943 : brèches dans les barrages de la Ruhr

17 mai 2013

Barnes Wallis est en ce matin du 17 mai 1943, un ingénieur heureux. Le concepteur de la bombe à roulement qui vient de montrer son efficacité contre les barrages de Ruhr au cours de la nuit écoulée, a démontré à ceux qui en doutaient encore que cette arme qui ricoche d’abord à la surface de l’eau avant de sombrer devant sa cible puis de déclencher une puissante explosion est fiable.
Il est vrai que les premiers essais qui avaient été opérés au Royaume-Uni étaient décevants mais le fait d’équiper la bombe d’un propulseur qui la dirige vers sa cible lorsqu’elle est larguée a corrigé son défaut. Elle est désormais considérée comme une arme redoutable d’autant qu’on peut encore la perfectionner. Dans la nuit du 16 au 17 mai 1943, les dix-neuf Lancaster qui ont décollé du terrain de Scampton et ont volé à très basse altitude pour éviter la Flak ennemie transportent cette bombe révolutionnaire destinée à éventrer des barrages.
La première vague des appareils de la RAF a comme cible les grands barrages situés sur la Möhne, l’Eder et la Sorpe. A bord de chaque bombardier, l’opérateur-radio est chargé du déclenchement des stabilisateurs des bombes de cinq tonnes. A 18 mètres d’altitude, la bombe est lâchée. Elle décrit alors une trajectoire dont l’angle d’incidence avec la surface de l’eau est des plus faibles. La bombe rebondit ainsi et s’enfonce dans l’eau avant de toucher le tablier du barrage. La pression de l’eau déclenche le détonateur. C’est ainsi que la muraille de béton est perforée et que la brèche s’ouvre et s’élargit sous la pression des milliers de mètres cubes d’eau qui étaient retenus en amont.
Ces frappes interrompent la production électrique qui alimente des usines d’armement. En outre les deux principales rivières dont les barrages son endommagés alimentaient aussi en eau potable plus de quatre millions d’Allemands. Les perturbations provoquées par ce bombardement portent alors sur 75 % de la production électrique de la Ruhr.
Le raid entraîne d’importantes inondations ainsi que la destruction de routes et voies ferrées. Dans la journée on va dénombrer plus d’un millier de victimes, noyées par la vague qui a traversé de nombreux bourgs et villages. Le ministre de l’Armement du Reich, Albert Speer décide la mobilisation de sept mille ouvriers dont certains déjà affecté à la construction du mur de l’Atlantique pour entreprendre sans tarder la réparation des barrages et cela dans la programmation d’un chantier opérationnel vingt-quatre heures sur vingt-quatre.
Au cours de ce raid, le bomber command britannique enregistre la perte de huit Lancaster. Quatre sont victimes de la Flak ( défense contre avion allemande), un s’écrase endommagé par la bombe qu’il emmenait, deux heurtent des câbles électriques en raison de la très faible altitude nécessaire pour larguer et le dernier percute un arbre. Cela signifie la très grande complexité d’accomplissement d’une telle mission. Si la frappe est réussie, le patron de l’opération, le lieutenant-colonel Guy Gibson enregistre donc la perte de cinquante-six aviateurs. Néanmoins, la Victoria cross lui est attribuée pour avoir réussi une mission que beaucoup considéraient comme suicidaire.