1940-1945: 44 témoignages belges qui comptent

Philippe Carrozza a fait un travail de journaliste en recensant et écoutant le témoignage de Belges de la province de Luxembourg qui ont vécu la Seconde Guerre mondiale et ont été impliqués parfois dans des épisode héroïques de la Résistance et de la Libération. Sa patience, son souci de la précision, de la cohérence et de la diversité géographique de ses interlocuteurs lui ont permis de réunir dans un ouvrage passionnant quarante-quatre récits dont certains concernent des communes frontalières avec les Ardennes comme Arlon, Bouillon ou Florenville.
Ce sont des mémoires d’hommes qui sont ainsi regroupées avec soin, dans le respect de ceux qui ont été des acteurs d’un temps complexe, celui de la Deuxième Guerre mondiale. Ces témoins parlent aussi pour certains de l’exode et des épreuves qu’ils ont vécues dans les Ardennes, la Marne, l’Aube. Reporter à “L’Avenir”, Philippe Carrozza met dans ces récits beaucoup de sensibilité.
Charles Grimonster était sergent en permission chez ses parents à Arlon le 10 mai 1940 lors de l’attaque aéroterrestre des forces armées du Reich. La destruction d’un pont fait que la projection d’un bloc de pierre lui provoque une fracture de deux orteils! Impossible pour lui de rejoindre son unité. Le voilà bientôt transporté en voiture jusqu’à l’hôpital de Namur. Cela ne dure pas longtemps et le voilà transféré en France et cela jusqu’à Pont-Saint-Esprit. Après l’armistice en France, les autorités belges rapatrient dans le Royaume leurs troupes qui stationnaient dans l’Hexagone.
Il tombe de haut lorsqu’il comprend en 1942 que Pétain joue bien la carte allemande et n’a jamais cherché à déjouer la collaboration. Il évite le travail forcé,falsifie des documents administratifs est arrêté le 15 mars 1944 et sa guerre est loin d’être terminée. La suite vous la trouverez dans cet ouvrage si dense de sincérités. On lira aussi les témoignages d’Auguste Rossignon d’Aubange, d’Arthur Mousty de Bouillon, de Jean Musty de Chiny. Leur présentation permet de lire ce livre comme on tourne les pages d’un éphéméride en choisissant un récit par jour.
Philippe Carrozza, “1940-1945 ils m’on volé mes plus belles années”, Weyrich, 480 p., 29 euros.

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